Committed to water for the world Engagés pour l’eau du monde

Publication de la Déclaration de l’OMM sur l’état du Climat Mondial en 2019 et du Rapport mondial 2020 d’ONU-Eau sur la mise en valeur des ressources en eau (sur l’eau et le changement climatique). Lire notre résumé.

Mise à jour 06.04.20

Déclaration de l’Organisation Météorologique Mondiale sur l’état du Climat Mondial en 2019 (WMO Statement on the State of Global Climate in 2019) – Les résultats alarmants illustrent l’urgence d’une action collective de grande ampleur

La hausse de la concentration des gaz à effet de serre (GES) se poursuit et les impacts sur les changements climatiques s’aggravent. La température moyenne mondiale pour 2019 a été de 1,1°C au-dessus des niveaux préindustriels. En outre, le niveau de la mer s’élève de plus en plus rapidement en raison du réchauffement accru des océans et de la fonte des glaces du Groenland et des glaciers. Cela expose les zones de faible altitude à un risque d’inondation et de submersion.

En 2019, des vagues de chaleurs combinées à de longues périodes de sécheresse ont été liées à des incendies de forêt d’une ampleur sans précédent. A cela se sont ajoutés des phénomènes météorologiques saisonniers intenses qui ont engendré des inondations, des tempêtes, etc.

Ces phénomènes exposent les populations à des risques sanitaires, favorisent les flux migratoires internes et transfrontaliers, réduisent la croissance économique, en particuliers dans les pays en développement.

Ce rapport, soumis par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), donne suite à l’initiative lancée par l’OMM durant la COP25 : l’Alliance pour le développement de l’hydrométrie. Son diagnostic confirme les priorités affichées par le PFE dans le domaine des données suivies par l’OMM et notamment pour le climat, à savoir : l’urgence d’engager des stratégies de réduction des GES , le besoin d’avancer vers la publication d’un rapport spécial GIEC dédié à l’eau (l’eau en lien avec le changement climatique), et la nécessité d’améliorer les connaissances des impacts sur le régime des eaux (elles peuvent être très différentes selon les contextes climatiques régionaux et d’usage des eaux). Cette nécessité d’améliorer les connaissances des impacts du CC sur le régime des eaux a fait l’objet de 2 publications du PFE en 2018 et 2019. Ces publications ont démontré le besoin de fournir des prévisions météorologiques de haute qualité, des systèmes d’alerte précoce, des services hydrologiques et climatiques. La mise en place d’un réseau d’indicateurs pour l’adaptation est une priorité pour le domaine de l’eau et mériterait d’être développé.

Vous pourrez découvrir au sein de cet ouvrage les dernières avancées scientifiques et mieux cerner l’urgence d’une action climatique de grande envergure. Il rassemble des « données provenant de tous les domaines de la science du climat et énumère les potentiels futurs impacts du changement climatique : des conséquences sanitaires et économiques à la diminution de la sécurité alimentaire et à l’augmentation des déplacements » (A. Guterres).

 

*Figure 1. Surface-air temperature anomaly for 2019 with respect to the 1981–2010 average (Source: European Centre for Medium-range Weather Forecasts (ECMWF) ERA5 data, Copernicus Climate Change Service)

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Rapport mondial d’ONU-Eau sur la mise en valeur des ressources en eau 2020 : l’Eau et le changement climatique (WWDR 2020)

Les changements climatiques ont une incidence sur les écosystèmes, les sociétés et économies humaines de diverses manières. L’eau est le principal intermédiaire par lequel nous en ressentons les impacts (fréquence et intensité accrues des tempêtes, inondations et des sécheresses, stress hydrique dû a la variabilité accrue du cycle de l’eau, effets néfastes sur la sécurité alimentaire, la santé humaine, la production d’énergie et la biodiversité, etc.). Ces effets peuvent entrainer (ou ont déjà̀ entrainé) des inégalités sociales croissantes, des troubles sociaux, des migrations massives et des conflits.

L’édition 2020 du WWDR montre les liens essentiels entre l’eau et les changements climatiques et vise à énoncer les difficultés, les possibilités et les réponses potentielles aux changements climatiques (adaptation, atténuation et résilience renforcée) pouvant être abordées en améliorant la gestion et l’utilisation des ressources en eau et en offrant des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement pour tous et de manière durable. Ce faisant, le rapport s’adresse « à deux des plus graves crises que le monde continuera de subir au cours des prochaines décennies : la sécurité (ou insécurité) de l’eau et les changements climatiques ».

Le rapport est destiné́ a tous ceux qui s’intéressent ou œuvrent dans les domaines de l’eau et du changement climatique (décideurs, gestionnaires des ressources en eau au niveau national, universitaires, scientifiques, praticiens, négociateurs impliqués dans les négociations climatiques, etc.).  Parmi les conclusions du rapport :

  • La communauté scientifique est très confiante sur le fait que la température moyenne mondiale dépassera les niveaux préindustriels d’au moins 1,5°C après 2030 (GIEC, 2018a).
  • Un manque d’adaptation aux changements climatiques engendre des risques pour la réalisation de l’ODD 6 et compromet la réalisation de la majorité des autres ODD.
  • De nombreux écosystèmes, en particulier les forêts et les zones humides, sont en
    La dégradation des écosystèmes affectera également la prestation de services écosystémiques liés à l’eau (épuration de l’eau, captage et le stockage de carbone, etc.).
  • La plupart des effets des changements climatiques se manifesteront dans les régions tropicales où se trouve la majorité des pays en développement. Les petits États insulaires en développement (PEID) sont particulièrement vulnérables.
  • Même s’il n’existe que peu de désaccords au sujet de l’augmentation des températures, des doutes subsistent sur l’influence des changements climatiques sur la disponibilité et la distribution des ressources en eau aux niveaux local et des bassins hydrographiques. Les tendances de précipitation prévues restent plus variables et ambigües. Les tendances les plus extrêmes sont souvent plus claires que celles se rapportant aux précipitations annuelles totales et aux tendances saisonnières.
  • Les changements climatiques sont susceptibles de ralentir ou d’affaiblir les progrès en matière d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement gérés en toute sécurité, et d’entraîner une utilisation inefficace des ressources si la conception et la gestion des systèmes ne sont pas résilientes aux changements climatiques. Les progrès réalisés en vue de l’élimination et du contrôle des maladies transmises par l’eau et liées à l’assainissement seront également ralentis ou affaiblis par les changements climatiques.
  • Les défis spécifiques à la gestion de l’eau destinée à l’agriculture ont deux aspects clés : 1) le besoin d’adapter les modes de production actuels pour gérer les incidences accrues de pénurie ou d’excès d’eau ; 2) « Décarboniser » l’agriculture par le biais de mesures d’atténuation des effets des changements climatiques réduisant les émissions de GES et renforçant la disponibilité de l’eau.
  • Il est essentiel pour la communauté́ de l’eau d’axer ses efforts sur la promotion de l’importance de l’eau, tant pour l’adaptation que pour l’atténuation, d’élaborer des propositions concrètes de projets liés à l’eau pour les inclure dans les contributions déterminées au niveau national (CDN), et de renforcer les moyens et capacités de planification, de mise en oeuvre et de suivi des activités liées à l’eau dans les CDN.