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Retour sur le séminaire de terrain du GT biodiversité et Solutions fondées sur la Nature – 1-2 octobre 2020 à Rochefort

Mise à jour 13.10.20

Les participants à la Tour de Broue, Saint-Sornin

 

Le groupe de travail du PFE sur la biodiversité aquatique et les Solutions fondées sur la Nature, créé en avril 2018, s’est réuni pour la première fois sur le terrain les 1er et 2 octobre 2020, à Rochefort et dans le Marais de Brouage (département de Charente-Maritime). Vaste zone humide littorale classée zone Natura 2000, le Marais de Brouage recouvre près de 10 000 ha, 14 communes et deux EPCI (la Communauté de communes du Bassin de Marennes et la Communauté d’agglomération de Rochefort Océan).

Le Marais fait l’objet de plusieurs activités et usages de l’eau et du territoire : élevage, conchyliculture, pêche, chasse, tourisme, conservation de la Nature et du paysage… Certaines de ces activités font face à des enjeux liés entre autres au changement climatique et à son impact sur le littoral et ses zones humides ainsi qu’aux besoins en eau douce (en qualité et en quantité). 

Carte du Marais de Brouage. Source : Inauguration officielle
de la réhabilitation du Canal de Broue, dossier de Presse, CCBM & CARO (2018)

 

Une matinée d’interventions au Forum des Marais Atlantiques, Rochefort

Cette matinée a été consacrée à des interventions d’acteurs du Marais de Brouage au Forum des Marais Atlantiques à Rochefort, offrant un aperçu du territoire, de son Histoire et des problématiques actuelles. 

Retrouvez le programme de cette matinée et les présentations PPT des intervenants : 

Introduction par :

  • Gilbert MIOSSEC, Directeur du Forum des Marais Atlantiques
  • Marie-Laure VERCAMBRE, Directrice générale du PFE
  • Marie-Hélène AUBERT, Présidente du GT biodiversité & SfN du PFE et Présidente du Conseil d’administration de l’Agence de l’eau Loire Bretagne
  • Jean-Marie Gilardeau, Vice-Président de la Communauté d’agglomération de Rochefort-Océan (CARO), chargé de la mise en œuvre du projet territorial Grand marais de Brouage

La préservation des milieux humides, une réponse à de nombreux défis: l’exemple des marais charentais

Histoire, caractéristiques et enjeux du territoire des Communautés de communes de Rochefort-Océan et Marennes-Oléron

–> Découvrez aussi deux vidéos réalisées par l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage (ENSP) dans le cadre du programme Life Adapto porté par le conservatoire du littoral sur le site de Moëze :

–> Et les 4 épisodes (de 5 mn chacun) du reportage de La Terre au carré (France Inter) « La digue ou la mer » (2020) 

Les Solutions fondées sur la Nature dans le domaine de l’eau

Du Marais et des Hommes: activités humaines, économiques et sociales dans l’estuaire charentais

Une visite de terrain dans le Marais de Brouage

Premier arrêt : La Petite Broderie, exploitation agricole de Frédéric GORICHON, Président de l‘Association des éleveurs du marais de Brouage

Parmi les 180 éleveurs présents sur le Marais de Brouage, un certain nombre sont regroupés sous un Groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE), créé avec le soutien de la Communauté d’Agglomération de Rochefort-Océan et la Communauté de Communes de Marennes dans l’objectif de valoriser et de pérenniser l’élevage extensif sur ce territoire. Le Marais de Brouage étant principalement constitué de prairies humides, l’élevage contribue aussi au maintien du paysage et à la conservation de la biodiversité faunistique et floristique dans le marais.

Le marais est formé d’un réseau de fossés et canaux (1600 km) constituant des clôtures naturelles entre les parcelles agricoles, mais aussi des sources d’abreuvement pour le bétail. Le réseau de canaux est alimenté en grande partie par le Canal de Broue, artère principale du Marais de Brouage faisant l’objet d’un projet de réhabilitation mené avec le soutien, entre autres, de l’Agence de l’eau Adour Garonne. 

En 2016, la Communauté de communes du bassin de Marennes et la Communauté d’agglomération de Rochefort Océan ont lancé le « Grand projet du Marais de Brouage » pour une gestion durable et concertée du marais avec pour objectifs principaux la gestion de la ressource en eau, le soutien aux activités primaires et la valorisation du patrimoine.

 

Deuxième arrêt : La Réserve Naturelle Régionale de la Massonne 

Accompagnés de

  • Jean-Michel BENIER, propriétaire de la réserve 
  • Christophe EGRETEAU, Ligue pour la protection des oiseaux (LPO)
  • Thomas DUPEYRON, Nature Environnement 17

Classée Réserve naturelle volontaire depuis 1997 suites aux démarches des propriétaires, la Massonne se situe sur les périmètres de deux zones Natura 2000 : le Marais de Brouage et les Landes de Cadeuil. La réserve s’étend sur près de 100 ha, dont 30 ha en espace boisé et 30 ha en espace agricole d’élevage extensif (mis à disposition gratuitement en échange d’un cahier des charges environnemental). Co-gérée par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et Nature Environnement 17, la Massonne héberge plus de 600 espèces floristiques (Iris de Sibérie), plus de 100 espèces d’oiseaux nicheurs (Pie-grièche écorcheur, Fauvette pitchou…), ainsi que des mammifères et reptiles menacés tels que la loutre et la cistude d’Europe. 

Une attention particulière est portée par les organisations gestionnaires sur la qualité et la quantité d’eau présente dans la réserve, en particulier la capacité de maintien de l’eau dans les sols ; les liens entre changement climatique, niveaux d’eau et biodiversité (notamment l’impact des variations des niveaux d’eau sur la reproduction des oiseaux nicheurs) ; et les niveaux de pollution de l’eau dans le réseau hydrographique de la zone, et en conséquent leurs impacts sur la biodiversité. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Troisième arrêt : la Tour de Broue, pour une vue panoramique sur le Marais de Brouage 

 

Retour au Forum des Marais Atlantiques : 

De gauche à droite : Frédérique Tuffnell, , Hervé Blanché, Marie-Hélène Aubert, et Marie-Laure Vercambre

La journée du 1er octobre s’est terminée par une réception en présence de Frédérique Tuffnell, Députée de la 2ème circonscription de Charente-Maritime et Hervé Blanché, Maire de Rochefort. Candidate pour l’élection de la Capitale de la biodiversité 2020, située à l’interface terre-mer, Rochefort héberge les sièges de plusieurs acteurs clés de la biodiversité : le Conservatoire du Littoral, l’Association Ramsar France, la Ligue pour la Protection des Oiseaux… C’est également à Rochefort que se sont tenues en 2018 et 2019 les Universités de la biodiversité, initiées par Frédérique Tuffnell qui compte les pérenniser et en impulser l’organisation annuelle. 

Frédérique Tuffnell, particulièrement mobilisée sur les sujets de conservation/restauration des zones humides et de Solutions fondées sur la Nature dans le domaine de l’eau, est rapporteure de la mission d’information sur la gestion des conflits d’usage en situation de pénurie d’eau. Cette mission a déposé un rapport en juin 2020 évoquant entre autres les Paiements pour services environnementaux (PSE) comme accélérateurs de la transition écologique via la « rémunération des pratiques vertueuses« , permettant de « reconnaître le rôle des agriculteurs dans la protection de la biodiversité« . Le rapport recommande la « création d’un Fonds de paiement pour services environnementaux (FPSE), doté d’un budget total d’un milliard d’euros sur la période 2021/2025 et dont la gestion serait assurée par bassin par les agences de l’eau« . Ceci s’inscrirait dans le projet de loi de finances 2021. 

Frédérique Tuffnell est aussi à l’origine, aux côtés de plusieurs autres députés, d’une proposition de loi relative à la préservation de la ressource en eau au moyen des Solutions fondées sur la Nature, plaçant le concept de Solutions fondées sur la Nature dans le code de l’environnement et appelant à la fin de l’exploitation des tourbières. Cette proposition préconise également la création d’un « fonds dédié à la gestion durable, la protection et la restauration des zones humides« . 

Enfin, Frédérique Tuffnell est également co-auteure, avec Jérôme Bignon, Sénateur de la Somme et Président de l’association Ramsar France, d’un rapport de la mission parlementaire pour la préservation des zones humides intitulé « Terres d’eau, terres d’avenir : faire des nos zones humides des territoires pionniers de la transition écologique« , mettant l’accent sur les services écosystémiques apportés par les zones humides et appelant à l’amélioration de la connaissance sur ces zones et à la priorisation des « terres d’eau » comme zones d’expérimentation des PSE.

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