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22 MARS – une Journée Mondiale de l’Eau sous le signe du Changement Climatique et du COVID-19

JOURNEE MONDIALE DE L’EAU – 22 mars 2020

La Journée mondiale de l’eau a lieu tous les ans le 22 mars. Chaque année, l’ONU-Eau choisit un thème majeur sur lequel sensibiliser. Pour 2020, le thème retenu était l’Eau et le Changement climatique. Le COVID-19 s’est invité dans les débats entre temps. Loin de rendre l’urgence climatique obsolète et les liens entre le cycle hydrologique et le climat moins impérieux, la pandémie nous interpelle néanmoins sur les questions de santé publique parmi lesquelles la sureté de l’eau, l’hygiène et le traitement des eaux usées tiennent bonne place. Le Partenariat français pour l’eau (PFE) a donc adapté la communication qu’il avait prévue. Nous vous proposons pour ce 22 mars 2020 une sélection d’écrits et de campagnes qui nous semblent particulièrement pertinents compte tenu des enjeux auxquels nous sommes confrontés :

 

1.       FUNESTE NOUVELLE : Nous apprenons que Jacques Oudin vient de décéder du COVID-19. Ancien Sénateur de Vendée parmi de nombreux autres mandats, Président du Comité national de l’eau en 2003, Jacques Oudin fut le porte-parole de l’eau au parlement pendant des décennies et restera une figure pionnière pour le secteur de l’eau et de la coopération internationale. En effet, en 2005, dans la foulée du tsunami qui avait dévasté l’Asie, il fut, avec le Député André Santini, à l’origine de la loi « Oudin-Santini » qui ouvrait la possibilité aux communes, aux établissements publics de coopération intercommunale, aux syndicats mixtes chargés des services publics d’eau potable et d’assainissement, aux agences de l’eau… d’affecter jusqu’à 1% de leur budget à des actions de coopération et de solidarité internationale. Cette loi, ambitieuse, permet potentiellement de mobiliser des sommes jamais atteintes pour le secteur de l’eau et de l’assainissement.  

Jacques Oudin a également joué un grand rôle dans la création du PFE. Son Président Jean Launay et toute l’équipe sont en deuil et présentent leurs plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches. Voir l’interview de Jacques Oudin sur la Loi 1% 

2.       Rapport de l’OMS et de l’UNICEF sur la gestion de l’eau potable, de l’assainissement, de l’hygiène et des déchets dans le contexte du COVID-19 (Water, sanitation, hygiene and waste management for the COVID-19 virus). Extraits :

• Une hygiène des mains fréquente et appropriée est l’une des mesures prioritaires à suivre pour prévenir l’infection par le virus COVID-19. Les praticiens de l’EAH (eau, assainissement et hygiène) doivent s’efforcer de permettre un lavage des mains plus fréquent et régulier en améliorant les installations et en utilisant des techniques de changement de comportement qui ont prouvé leur efficacité.

• Les directives de l’OMS pour la gestion en sécurité des services d’eau potable et d’assainissement sont pertinentes même en temps d’épidémie de COVID-19. Il n’est pas nécessaire de prendre des mesures supplémentaires. Les techniques de désinfection habituelles de l’eau potable éliminent le virus COVID-19. 

• De nombreux bénéfices connexes seront obtenus en gérant en toute sécurité les services d’eau et d’assainissement et en suivant de bonnes pratiques d’hygiène. Ces efforts permettront de prévenir de nombreuses autres maladies infectieuses qui causent des millions de décès chaque année.

Lire les questions-réponses les plus fréquentes sur le COVID-19 de l’OMS.

3.       Situation de l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène dans le monde : la protection de la santé publique nécessite d’avoir accès à une eau réellement potable, à l’assainissement à et l’hygiène dans les meilleures conditions, ce qui est très loin d’être le cas aujourd’hui dans bon nombre de pays.

Découvrir les chiffres et l’analyse de Gérard Payen, Ancien Conseiller pour l’eau et l’assainissement du Secrétaire général ONU (UNSGAB) Vice-président de l’ASTEE et du Partenariat Français pour l’Eau :

La statistique la plus récente estime à 2,2 milliards fin 2017 le nombre de personnes utilisant de l’eau probablement contaminée et à 2,3 milliards celui des personnes n’ayant pas encore accès à l’eau potable, selon la définition de l’indicateur agrégé des Objectifs de développement durable (accès à l’eau potable gérée en toute sécurité).

Pour l’assainissement, on sait aujourd’hui que 670 millions de personnes pratiquent toujours la défécation en plein air, que 1,4 milliard de personnes n’ont pas de toilettes hygiéniques respectant leur dignité (ce qui était l’indicateur des Objectifs du Millénaire pour le développement) et que 4,1 milliards n’ont pas accès à un « assainissement géré en toute sécurité », c’est-à-dire ne contaminant ni les autres ni l’environnement.

La différence entre 1,4 et 4,1 ne traduit pas vraiment une insuffisance d’accès mais surtout l’insuffisance notoire d’épuration des eaux usées dans le monde.

Atteindra t’on l’accès universel ? Il faudrait pour cela un sursaut majeur des politiques publiques. Or les gouvernements n’ont pas encore pris la mesure des nouvelles statistiques de l’ONU. Au contraire, en octobre dernier, lors du sommet mondial des ODD, ils ont adopté une résolution dans laquelle ils se sont félicités des progrès de l’accès à l’eau potable dans le monde tout en appelant à l’accélération des politiques publiques dans d’autres domaines. Lorsqu’on creuse les statistiques, on découvre en réalité que – Le progrès mondial est beaucoup trop lent : le nombre des personnes sans accès à l’eau potable au sens de l’indicateur ODD, qui est aujourd’hui de 2,2 milliards, ne s’est réduit que de 7% en 17 ans. A ce rythme, ils seront toujours plus de 2 milliards en 2030. – Pire, en Afrique sub-saharienne, il n’y a pas de progrès mais une détérioration rapide. En 17 ans, le nombre de personnes utilisant de l’eau probablement contaminée y a bondi de 45% de 2000 à 2017. Elles constituent aujourd’hui 2/3 de la population.

Toutes ces statistiques sont accessibles sur la base de données publique de l’OMS et de l’UNICEF (pour en savoir plus).

4.       Le message d’Abdoulaye Sène, Secrétaire Exécutif du 9ème Forum mondial de l’eau « Dakar 2021 » (extrait) : 

« Cette situation interpelle tous les acteurs engagés dans la lutte pour améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement, notamment les décideurs qui doivent placer cette question au cœur de l’agenda politique international. Le 9ème Forum mondial de l’eau qui aura lieu à Dakar, du 22 au 27 mars 2021, sous le thème de la « Sécurité de l’Eau pour la Paix et le Développement » permettra de donner des réponses concrètes aux défis de l’eau, avec de grandes innovations comme les échanges multi-acteurs ». (texte complet ici)

Notez que la prochaine réunion préparatoire du 9ème Forum mondial de l’eau à Dakar a été reportée à fin juillet (22-24 juillet 2020).

5.       Wash’Em : Quand les organisations humanitaires se forment pour faire barrière au COVID-19. Wash’Em, accélérer le changement des comportement en matière de lavage des mains En savoir plus sur les webinars.

6.       Eau et Changement climatique : lire les recommandations des membres du PFE à la COP25.

 

Les activités du PFE ne seraient pas possible sans le soutien de ses bailleurs.